The Vincent
PEREZ
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Montreal World Film Festival
Article by Gilles Carignan, Le Soleil

Faisant mentir l'adage qui veut qu'une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, Vincent Perez, lui, n'a pas loupé le rendez-vous montréalais. Entre deux prises de son prochain film (Fanfan la tulipe), il est passé au FFM en coup de vent. Arrivé en fin de journée de samedi, il a repris l'avion 24 heures plus tard hier, le plateau de tournage l'attendant ce matin même.

Visite éclair donc, mais visite importante pour celui qu'on a vu dans Cyrano de Bergerac, Fanfan et La Reine Margot. Montréal avait l'" honneur " de la première mondiale de son premier film en tant que réalisateur. Peau d'ange profite même de la vitrine de la compétition officielle. Une compétition peu emballante jusqu'ici - exception faite de La Turbulence des fluides -, que ce film intimiste est venu rehausser.

C'était la toute première fois que Vincent Perez voyait son " bébé " devant public. Et il s'est dit étonné par les commentaires reçus, lorsque nous l'avons rencontré hier midi. " Des gens m'ont remercié en disant que c'était un film qui leur avait fait du bien. Je suis très surpris, parce qu'on n'avait pas ça en tête. "

Mystère du cinéma. Chose sûre, Perez avait voulu un film ouvert. " On peut projeter ce qu'on veut dans Peau d'ange. Je n'impose pas. Je laisse le spectateur libre de ce qu'il peut penser ou ressentir. Je ne voulais pas trop de manipulation. C'était un choix très clair. "

Visiblement fatigué, entrecoupant ses réponses de longues pauses, Vincent Perez semblait néanmoins prendre plaisir à porter son nouveau chapeau de réalisateur. S'il ne signifie pas l'arrêt de sa carrière d'acteur, son passage à la mise en scène n'est pas qu'une parenthèse. L'idée l'habitait depuis ses débuts au cinéma - il a quelques courts métrages à son crédit. Et il entend bien renouer le plus tôt possible. " Ça vient d'une nécessité profonde. Je sens que j'ai quelque chose à faire là-dedans. "

Il était clair dès le début qu'il ne jouerait pas dans son film. Notamment parce qu'il tenait à être le plus souvent possible à la caméra. Du reste, " comme acteur, je suis très heureux. Ça va très bien. J'ai pas de frustration à me dire : il faut que je joue dans le film. Et ça m'a permis d'avoir devant moi un monstre génial de poésie, en Guillaume (Depardieu)."

Le fils de Gérard Depardieu partage la vedette avec Morgane Moré (Saint-Cyr). Écrit par Perez avec sa compagne Karine Silla, Peau d'ange évoque la rencontre de deux destins aux antipodes. Angèle est un ange timide qui avance dans la vie sans se laisser atteindre par les malheurs, avec la seule idée de faire le bien. Lui fonce dans l'existence avec fureur en écorché vif ravagé par les doutes. Campé en province, le film dépeint les traces que laisseront leur brève communion.

Peau d'ange se veut un " conte ancré dans la réalité ", qui parle de liberté, de destin, de deuil et d'amour. Voilà un film d'auteur surprenant, porté par la grâce de son actrice et une belle poésie visuelle. Les réserves vont au scénario aux enchaînements parfois un peu forcés. On s'en reparle à sa sortie au Québec, probablement à l'hiver.

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